Ai ren chamjat, jurat-promés, ne'n mai d'aquò, ai mandat l'autorisacion per postar lo questionari.
-Quel rapport avez vous avec l'occitan (comment vous sentez vous avec l'occitan) ?
Je considère l'occitan comme ma langue maternelle, le français est la langue de l'état (en qualité de corps social, générateur de normes et d'oppressions).
J'ai voulu résoudre d'abord mes « rapports conflictuels » avec les normes (sociales, sexuelles), la langue n'en est qu'une parmi d'autre. Pour le dire autrement, en sortant de l'école (bac+2, esthétique industrielle) où j'ai appris à gommer mon accent de paysan limousin, à combler mon manque de culture (je viens d'un milieu ouvrier et campagnard), je me croyais « un d'jeune winner ». Ma priorité au réveil, a été de bâtir mon autonomie financière, puis homo-sexuelle, puis culturelle et politique.
Aujourd'hui, c'est apaisé et heureux que j'aborde la vie et que je compose des haïkus ; rires.
En mai 2008, je peux me dire « assez à l'aise » avec la langue occitane dans laquelle je suis capable de rêver (je parle avec ma grand mère dans mon sommeil), capable de tenir un échange de 20 minutes environ sur un sujet banal (avec quelques difficultés (dialecte limousin « parfois trop proche du français pour être occitan, et pourtant)), capable de m'exprimer à l'écrit (avec des fautes d'orthographes, parfois des contre-sens, mais « coma l'autre dissèt, un jorn t'i tornaras ben far »).
-Vos proches parlent ils occitan (amis, familles etc...) ?
Mes parents, oui, mes 3 sœurs plus âgées, non, mon frère plus jeune, non (cependant, ils comprennent le dialecte de mes parents). Dans la famille, ma grand-mère, mes parents, mes oncles et tantes (entre 60 & 94 ans) ne parlent jamais français entre eux, parlent en premier occitan devant mon frère, mes sœurs, mes cousin-e-s avant de reformuler, parfois, mais pas toujours, leurs propos en français.
Je suis le seul de mes cousin-e-s (soit environ 2x20 personnes) à apprendre à le lire et l'écrire, mes cousin-e-s plus âgés que moi (35 à 60 ans) sont capables de se présenter et de dire que tout va bien en occitan. Ils ne savent pas le lire. La situation est quasiment la même pour mes amis d'enfance. Ici à Orléans, les personnes venant « d'occitanie » refusent toutes d'en entendre parler (c'est encore la langue des ploucs).
Mes 10 neveux et nièces (20 à 2ans) ne semblent pas s'intéresser à la langue occitane, en même temps le plus 'tit à 2ans, rien n'est perdu.
C'est peut être hors propos, mais je suis également le seul (des sœurs, frère, cousin-e-s, amis d'enfance) à avoir le niveau bac et un peu plus, le seul à avoir quitté la région géographique d'origine (ouest Hte Vienne, Charente limousine), le seul à vouloir vivre seul et le seul « gai » (bien malin celui qui sait l'influence que cela peut avoir).
-Quand est ce que vous avez appris l'occitan? Où? Pourquoi ?
Je l'ai entendu, écouté lors des veillées d'été dans le village, mais c'était interdit de le parler. Mes parents jusqu'à notre sortie du collège se sont forcés à parler en français à la maison et interdisaient tous propos en « patois ».
En 2003/2004, j'ai voulu tenter un auto apprentissage avec la méthode « assimil » et le forum « soc.google », j'ai vite laissé tomber entre autre à cause du ton du forum et des exemples de la méthode « assimil » (ils datent un peu).
En 2006, j'ai acheté « l'occitan tout de suite », en juin 2007, je tombe de vélo, j'achète le « parli occitan » de Joan Rigosta, la « gramatica occitana » de Jacme Taupiac, et en septembre, je me suis inscrit aux cours par correspondance du Collègi d'Occitania de Tolosa.
Je pense poursuivre les cours en septembre 2008, tout en me « recentrant » un peu sur mon dialecte et en travaillant d'avantage et plus sérieusement. La tenue assez régulière du joueb a été un moyen de « cultiver » les passerelles inter dialectales.
Mes parents, après une année de re-apprentissage, me demande comment se dit tel mot en français (« la tauvera » en limousin « le guéret » en français par exemple), comment celui ci s'écrit («l'agulha» ou «la 'gulha» par exemple).
Ils acceptent de m'aider aussi à acquérir du vocabulaire, de me corriger sur des prononciations particulières. Ils ont également accepté de m'expliquer, dans la langue (1), certaines croyances paysannes (souvent agricole, donc éloignées de mon environnement immédiat).
Le pourquoi est dans la réponse à la première question, non ?
-Comment voyez l'évolution de l'occitan?
Je suis pas la personne la plus qualifié pour avoir un avis sur ce sujet. Ce d'autant plus que je ne me trouve pas dans une aire occitanophone (je loge à Orléans). Je ne suis ni inscrit, ni militant dans aucune association occitane (IEO par exemple), je pense le faire l'an prochain. Je considère que tenir un joueb est une forme de militantisme.
-Qu'est ce que vous attendez de l'occitan?
J'attends d'une langue qu'elle me laisse dire ce monde. Je ne le fais pas de la même façon en français et en occitan.
-Le terme patois vous déplait il? Pourquoi?
Non, même si j'évite de l'utiliser (au bénéfice de langue).
Là, c'est le PD, la folle, la tapette, etc... qui sait que retourner l'insulte contre l'agresseur est un moyen de déstabilisation imparable (petite anecdote : Il semble que j'ai une poignée de main assez ferme. Souvent les gens me disent : « c'est pas une poignée de main de PD ! » ma réponse est invariablement : « non, tout juste celle d'un enculé »).
Donc quand on me demande de parler « patois », je répond sans problème en français, un « patois » européen, rien de plus, sauf une très belle langue aussi.
-Êtes vous d'accord sur le terme "dialecte" pour parler de l'occitan? Pourquoi?
Si c'est pour faire une hiérarchie avec une autre langue, non, je ne suis pas d'accord. Ou bien, dans ce cas, l'autre langue, celle de comparaison, est reléguée au rang de dialecte elle aussi ; Par contre parler de dialecte pour le limousin, dialecte au sein de l'aire occitane, oui, bien sur, même si certains pratiquent un hyperlocalisme qui leur fait affirmer que c'est une langue à par entière, et patati, et patata... (gaspillage d'énergie).
-Vous sentez vous en besoin de parler l'occitan? Pourquoi?
Je dis parfois des poèmes, des petits contes lors d'animations de quartier. Bien sur, la traduction est, elle aussi, lue, parfois par une autre personne, suivant le contexte. Il y a toujours eu du respect et beaucoup de curiosité, un besoin d'explications aussi (non, le français n'est pas l'unique langue de France).
Une fois, dans une assemblée d'homosexuel-le-s, j'ai essuyé un non cinglant, alors que je voulais juste citer 3 vers de Bertran de Born (en français et en occitan).
Peut-être que si j'avais le courage d'aller me confronter à d'autre locuteurs lors d'un festival occitan, ma réponse serait différente.
Je le fait car un texte dans sa langue d'origine ne dit pas la même chose qu'une traduction. Le rythme, la musicalité ne sont pas les même. Lorsque je m'énerve, c'est souvent en occitan, comme cela, les gens ne se sentent pas visés et j'entretiens des relations cordiales avec eux.
-Pourquoi avoir choisi le support internet pour vous exprimer?
C'est un outils d'aujourd'hui bien suffisant pour mon niveau de langue, mais je remplis aussi des carnets de notes, poèmes, brouillons.
Si un jour j'ai des ambitions littéraires, promis, je déménage à Limoges et j'écris un livre papier (également disponible en livrel (ebook en français)).
-Que racontez vous sur votre blog? (je ne parle pas occitan, j'étudie la culture occitane en option)
Comme je l'ai déjà écrit avant, le joueb (blog en français) est un moyen de cultiver le dialecte. J'y parle beaucoup de mon nombril, de mes envies, de films, des livres (même les livres français). J'y parle aussi d'actualité, de ma vie sociale. Je tiens aussi un carnet de croquis dont je numérise les pages au fil du temps. J'y poste aussi mes haïkus.
-Puis je vous demander ce que vous faites dans la vie?
Je suis dessinateur technique et formateur en sécurité incendie (et informatique en interne). Je gère également le système de qualité de l'entreprise qui m'emploie. Mais pourquoi ne pas faire autre chose comme de la mise en page ou ramasseur de plantes médicinales.
Ma personne sociale est militante dans une association d'homosexuel-le-s (prévention MST-IST et accueil-écoute), dans le milieu culturel (théâtre), et je tiens des permanences dans un lieu autogéré (repaire de là -bas si j'y suis & simplicité volontaire), je milite aussi dans un collectif de cyclistes et je perd volontairement des livres pour faire du monde une bibliothèque.
J'ai réputation de très bien faire la cuisine et de remplacer avantageusement un autoradio en panne sur les longs trajets.
Je passe pour la personne la plus terne de l'agglo orléanaise.
-Quand est ce que le blog a t-il été crée?
Juin - juillet 2007.
-Dans quel but?
Me familiariser avec la graphie, un peu comme un cahier d'exercice.
J'ai toujours tenu une forme de « journal » alors sous une forme ou une autre, pourquoi pas virtuelle (certes ce n'est pas la même chose, mais c'est la pratique régulière qui compte).
Autre but que je n'avouerai jamais, affirmer la présence du dialecte limousin sur le réseau mondial afin de conquérir le monde en parlant de poésie (nous (2) sommes quand même les créateurs de l'amour, du « paratge ». Laissez mariner un peu et vous allez voir un nouveau concept éclairer ce monde qui se complait dans l'obscurité.
-Y a t-il beaucoup visite?
Au regard de la carte présente sur mon joueb, je m'estime heureux d'une fréquentation comprise entre 300 à 600 visiteur-se-s par mois. En même temps, ces outils (joueb, carte, statistiques) sont-ils fiables ?
Ne sont ils pas que des gadgets virtuels propres à flatter mon « ego », mon « embonilh occitan » ?
Notes ajoutées à la re-lecture :
1- dans la langue d'oc
2- occitans au sens le plus large du terme